VIH, sida, séropositivité... De quoi parle-t-on et quels sont les chiffres ?

01/12/2014

Ce lundi 1er décembre, c'est la journée mondiale de lutte contre le sida. L'occasion de faire le point sur les termes employés et la population concernée.

 

Avoir le sida ne signifie pas être séropositif. Photo : REVELLI-BEAUMONT / SIPA

Seuls 11% des jeunes français de 15 à 24 ans se considèrent mal informés sur le VIH ¹. Mais ce pourcentage varie suivant les sujets abordés : 29% se disent mal informés sur les lieux où aller se faire dépister et 50% sur les traitements pour les personnes séropositives. C'est donc le moment de faire le point.

â–º Non, être séropositif et avoir le sida, ce n'est pas la même chose
Le sida (acronyme de syndrome de l'immunodéficience acquise) est dû à un virus. Ce virus porte le nom de VIH, pour virus de l'immunodéficience humaine. Il affaiblit le système immunitaire en s'attaquant à des globules blancs (ou lymphocytes) du nom de CD4, ce qui rend les personnes contaminées vulnérables aux infections. On parle alors de personnes séropositives pour le VIH. C'est seulement lorsque l'organisme n'est plus en mesure de combattre l'infection du VIH (lorsqu'on retrouve moins de 200 CD4 par millimètre cube de sang) que celle-ci devient le sida.

â–º Non, il n'existe pas de médicaments pour guérir du sida
27% des 15-24 ans pensent qu'il existe des médicaments pour guérir du syndrome de l'immunodéficience acquise ¹. C'est faux. Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'il y a des médicaments pour contrôler le virus et continuer de vivre avec le VIH " mais sans le sida.

On parle de trithérapie parce que le traitement consiste à associer trois antirétroviraux, qui bloquent la multiplication du VIH dans l'organisme. L'intérêt : obtenir une charge virale indétectable (moins de 50 copies du virus par millilitre de sang) afin de restaurer le système immunitaire.

â–º Non, les gays ne sont pas les seuls concernés
Depuis 2008, le nombre de découvertes de séropositivité s'est stabilisé. Les chiffres les plus récents datent de 2012 ², année pendant laquelle 6372 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH en France (4392 hommes et 1980 femmes).

Or seules 2648 personnes (42%) étaient des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH). Plus de la moitié (56%) des découvertes proviennent donc de contaminations par des rapports hétérosexuels (1623 hommes et 1934 femmes). Ainsi, 37% des hommes infectés l'ont été au cours d'un rapport hétérosexuel. Et 98% des femmes.

Si le nombre de découvertes chez des hétérosexuels est en diminution, on constate une augmentation chez les HSH de 14% entre 2011 et 2012 (alors qu'il augmentait de 3% par an entre 2003 et 2011). Non que les comportements soient plus à risque, mais les HSH ont recours au dépistage de façon plus précoce. C'est donc plutôt un bon signe. En revanche, les hommes hétérosexuels se dépistent plus tardivement : quatre sur dix n'ont recours au dépistage qu'à l'apparition des symptômes et ne sont diagnostiqués qu'au stade sida.

â–º Non, il n'y a pas de plus en plus de contaminations chez les 15-24 ans
Le sida fait peur à 81% des jeunes. Pas moins de 63% des moins de 24 ans ne sont pas d'accord avec l'affirmation "Il y a de moins en moins de contaminations du virus du sida chez les jeunes"¹. Et ils ont raison : entre 2003 et 2012, la proportion de jeunes de moins de 25 ans n'a pas évolué de manière significative ². C'est la proportion des 25-49 ans qui a chuté, passant de 77% à 70%.

Toutefois, les chiffres restent inquiétants. Chaque année, environ 10% des nouvelles découvertes de séropositivité concernent les 15-24 ans. Soit deux jeunes touchés chaque jour. Et seuls 33% des étudiants français utilisent systématiquement un préservatif lors d'un rapport sexuel (contre 41% en 2013). En outre, 38% se font dépister systématiquement lorsqu'ils changent de partenaire (35% ne se font jamais dépister) ³.

â–º Non, les seniors ne sont pas épargnés par le VIH
Si les personnes de 25 à 49 ans représentent 70% des découvertes de séropositivité en 2012, 18% des personnes ayant découvert leur séropositivité avaient plus de 50 ans (contre 13% en 2003). L'âge est en effet un facteur de risque : plus l'on vieillit, plus les muqueuses sont perméables au virus. Mais les seniors (50-70 ans) ont beau se dire bien informés sur les modes de contamination (59%) et sur les moyens de prévention (56%), ils sont 88% à ne pas se sentir concernés par le VIH (contre 72% des 18-49 ans) ⁴.

Ils jugent à 49% que les usagers de drogue sont la population la plus concernée par les risques d'infection. Pourtant, en 2012, sur les 6372 personnes qui ont découvert leur séropositivité, 69 hommes et 8 femmes ont été contaminés par l'usage de drogues injectables (environ 1%).

Résultat : les seniors se dépistent moins que les jeunes : 46% des 50-70 ans ont déjà réalisé un dépistage, contre 61% pour les 18-49 ans. Et la prise de risque est aussi plus importante : parmi ceux qui ont eu plusieurs partenaires ces cinq dernières années, 37% n'ont jamais mis de préservatif pendant cette période (contre 12% chez les 18-49 ans). Alors que c'est encore le meilleur moyen de se protéger du VIH.

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¹ Étude Ifop du 26 novembre pour Sidaction et Élus locaux contre le sida
²
Découvertes de séropositivité VIH et sida " France, 2003-2012, Institut de veille sanitaire (INVS)
³ Étude Harris Interactive réalisée en mai 2014 pour la Smerep
⁴ Enquête "VIH Seniors" réalisée en octobre 2014 par OpinionWay pour le laboratoire Janssen

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source ; http://www.metronews.fr/info/journee-mondiale-de-lutte-contre-le-sida-vih-seropositivite-de-quoi-parle-t-on-et-quels-sont-les-chiffres/mnkB!YLjxeOdI9HgLg/

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